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Le culte des reliques comme nous le connaissons prit quelque part son essort vers le VIe S. à travers les diverses pérénigrations des abbayes celtes d’Irlande (Saint Brendan) et Scot. Irlandais où Ecossais pouvaient à l’époque eux-mêmes se désigner SCOTTI. A partir du VIIe S. les pèlerinages chrétiens commençaient de prendre une ampleur sans précédant. Nous possédons pour les contrées du Nord, graçe à une bonne déscription le pèlerinage et le voyage des reliques de SAINT URSMER, saint patron de l’abbaye de Lobbes où il décèda le 18 avril 713.   Afin de mettre ses reliques et trésors à l’abri des troubles elles furent amenés le 2 juillet 1409 par les moines à la collégiale de Binche, devenue alors collégiale Saint-Ursmer. Saint Benoit sur Loire abbatiale voyage des reliques Quelques reliques furent laissées en Thierarche, dont il avait aussi été fait évêque, à Eppe-Sauvage et à Fontenelle où naquit Saint-Ursmer vers 644. Chapiteau de la translation des reliques de saint Étienne, église Saint-Étienne de Lubersac, en Limousin Donc nous sommes maintenant au XIe S. et les écrits nous apprènnent dans  » MIRACULA S. URSMARI IN ITENERE PER FLANDRIAM FACTA  » que la chasse content ses os va traverser tout le pays, Lobbes proche du Luxembourg et Ardennes Françaises vers la région de Bruges en Flandres. Ceci afin de récolter des fonds pour la reconstruction de leur abbaye ruinées par les guerres en Haynaut. Les personnages qui accompagnent les reliques sont pour l’époque des plus importants: nous y trouvons le comte de Flandre en personne, Baudouin V et son épouse la comtesse Adèle, fille de Robert II Roi de France. Font encore partie de ce voyage l’évêque de Thérouane, Saint Drogon et l’évêque de Londres, Guillaume Le Normand. Translation des reliques de saint Eugène, sur un chapiteau des années 1130. Dès le départ, ce n’est qu’une longue suite de miracles, partout où ils passaient. Ils traversèrent Lille, qui érigea une croix hors la ville où les reliques s’arrêterent un moment. Mais partout où passèrent les reliques s’opèraient des miracles ou s’appaisaient des querelles est autres disputes locales. On traversa ainsi Lille, Nieukerke. L’arrêt à cet endroit, comme plusieurs autres d’ailleurs, était voulu par le Comte de Flandres et ce dans le but d’y faire la paix et de ne plus y avoir d’opposants. Et ici nous comprenons que les moines Irlandais, l’abbaye de Lobbes suivant la règle de Saint Colomban, sont bien plus Celtique que Chrétiens de Rome. Les moines firent une procession circulaire avec les reliques, tout en psalmondiant. Les adversaires de la paix durent quitter le cercle comme s’ils en avaient été rejetés de façon surnaturelle; un chien noir les conduisit plus loin. Ce cercle de moines récitant des paroles nous amènent bien plus près de rites de magie chamanique que de pratiques Chrétiennes. De tout temps les civilisations ont célébrés le sacré par des réunions en cercle, autour d’un feu (la St Jean), d’un arbre (le chêne druidique), d’une source sacrée (procession tournant trois fois autour de la source), d’un cercle de pierres levées où d’une statue de saint où sainte (trois fois le tour dans l’église en passant derrière où sous la statue). L’église elle même ne sait plus trop en expliquer l’usage. Chanoines en cercle dans le chœur de l’église se jetant le ballon, au moins 2 cas en France, roues à clochettes ou offrandes de roues en cire verte. Ce n’est point le cercle en soit qui est important, la signification sacré est donné par le mouvement, par la ronde.  Ajoutez y la foi, les reliques portés et vous obtenez une force magique considérable. Puis les reliques passèrent à Bergues Saint Winoc (Flandre Française), Cassel, Furnes, Bruges, Oostburg. Le pèlerinage se poursuivit vers l’abbaye de Lissewege où il est dit que les pèlerins sont accompagnés de plus de 500 chevaliers. Au village de Leffinghe, où il n’avait plus plu depuis trois mois, graçe à St Ursmer il se mis à pleuvoir toute la nuit. Au point que les villageois voulaient retenir la chasse miraculeuse dans leur village. Puis deux jours à Gand et par Bruxelles retour à Lobbes. Limoges sortie des chasses de la cathédrale Autre exemple de l’usage des reliques pour celler la paix, en 1030 à Audenaerde, lorsque le Comte de Flandre Baudouin IV convoca nombre de barons et évêques avec sur place une impressionante réunion de reliques. Pour les mêmes raisons de paix ont retrouva une impressionnante réunion de reliques à Charroux (Département de la Vienne) en 989.

Si l’intention du Comte de Flandre était d’obtenir la paix dans certaines de ses régions, les moines avaient un autre intérrêt. Le numéraire, la reconstruction de leur abbaye.

 

 

Dès le XIe S. les pèlerinnages prennent de l’ampleur au choix vers l’un des 3 pèlerinnages important de l’époque; Jérusalem, lieu de vie du Christ, avec comme symbole la palme où le  Christ. Pèlerinage croix de Jerusalem

 

Pèlerinage Jerusalem Baudouin roi de Jerusalem avec le blason Le premier roi de Jerusalem,  Baudouin

avec le blason de Jérusalem, comme

l’insigne de pèlerin de  Jerusalem  représenté

ici   à droite. Pèlerinage Ste Véronique Rome

 

 

Rome et le tombeau de Pierre avec comme symbole les clefs, la croix où le vernicle (le voile de Sainte Véronique avec la sainte Face).

 

 

 

St Jacques Bxl

 

 

 

La Galicie et St Jacques de Compostelle et la coquille.

 

 

 

 

 

 

L’initiative en revient au pape Urbain II qui promèttait des indulgences plènieres pour qui avait fait un de ses trois grands pèlerinages, dit majeurs. Il faut dire qu’a l’époque le risque était grand et ont était pas sûr  d’en revenir vivant.   Très vite s’ ajouta un quatrième; à la fin du XIe S. saint Gilles du Gard, sur les bords de la méditerranée, était déjà devenue trop petite pour les pèlerins qui affluaient à l’abbaye et l’abbaye dut être agrandie et construite sur deux niveaux.

 

St Gilles lieux de pèlerinages           pèlerinage 1er église en dessous église de St Gilles

 

 

 

 

 

Elle fût consacré en 1096 par le pape Urbain II, c’est dire l’importance qu’avait le lieu. Gilles était un homme qui toute sa vie fût connu comme guérriseur et faiseur de miracles, pour les hommes et les animaux. Pèlerinage St Gilles insigne  Après quelques longs périples ils s’installa à cet endroit dans une grotte.

Et curieusement, cet endroit vit passer, à la fois les pèlerins

vers Rome, vers Jérusalem et vers Compostelle. Il était situé

sur les trois routes.

 

En premier, le gens qui prenait le chemin pour mettre leur conscience en ordre avec Dieu. Pèlerins qui, a travers leurs divers offrandes liberaient leurs conscience des fautes de leurs âmes et de la vie dissolue qu’ils auraient pu commèttre. En deuxième le pèlerinage lui-même où l’on va se rapprocher de Dieu et de ses apôtres. En troisième, le pèlerinage expiatoire, la condamnation. Devoir quitter sa région, son pays, et n’y revenir qu’après avoir fait un des trois Majeurs et avoir purifié son âme d’un crime commis. L’église médiévale reconnaisait sept sacrement, du terme ancien « sacramentum » qui signifiait « serment », sept étapes d’une initiatiques d’une vie par un engagement solonnel, un voeu. Le pèlerinage en était un et était conféré par une liturgie particulière, rituel retrouvé à l’abbaye bénédictine de San Cucufa au village de San Cugat del Vallès en Catalogne. Au matin le candidat pèlerin, avant de partir, se présentait au prêtre qui l’attendait pour lui remettre ses insignes; le bâton ou bourdon, et la besace, autrefois nommée écharpe. Pèlerinages photos livres bruges 4608x3072-070 Joinville en parle dans ses chroniques. Le prêtre les bénissait au préalable suivant         un rite dont on a conservé les formules latines.  » Au nom de Jésus-Christ, notre seigneur, reçois ce sac, attribut de ton pèlerinage, afin que tu mérite parvenir sans dévier, sauf et absous aux parvis du Saint-Sépulchre, ou de Saint Jacques, ou de Saint Pierre de Rome, ou des autres saints que tu désires atteindre et que tu nous reviennes, ton chemin accompli, en parfaite santé!  » Après une dernière bénédiction, le prêtre entonnait le psaume CXXIV : Qui confidunt in Domini. Pèlerinage évêque bénissant deux pèlerins   Ensuite, les fidèles, récitant les litanies, accompagnaient le pèlerin jusqu’a la sortie de la ville ou du village. Curieusement les compagnons du tour de france on gardé une partie de ce rituel; canne, besace, rubans et compagnons de la cayenne où ils ont œuvrés qui les accompagnent jusqu’a la sortie de la ville. Ce n’est qu’à travers le XIIIe S. que les pèlerins mettrons leurs attributs, insignes et symboles, indiquant part là leur quête, leur destination et au retour aussi la preuve qu’ils l’avaient réellement bien accomplis. Bruges besace et bâton de pèlerin Besace, bâtons de marche, pèlerine, grand chapeaux, chaussures, et suivant les destinations diverses d’autres insignes. Bruges St Salvador blason pèlerin St Jacques L’imagerie du Moyen Age nous les montres sculptée dans la pierre où le bois, sur les tableaux et autres manuscrits. Objets en étain, plomb, argent, bois et autres rubans. Comme le pèlerinage à la grotte de la Sainte Baume, dans le Var, pour les divers compagnons du Tour de France, cannes et rubans en tête. Bien sûr ce n’était pas un monde parfait; nous pouvons citer une critique de l’époque de l’abbé bénédictin de Nogent-sous-Coucy, Gilbert de Nogent. Il nous raconte les méfaits provoqués par ses mêmes cultes aux reliques. Les cadavres des Saints qui déménageaient régulièrement d’un endroit à l’autre. Il y avait une telle rivalité entre les différents éclésiastiques que les vols de reliques étaient très fréquents, si ce n’était pas un père abbé où un évêque qui en organisait le vol lui-même. Autre endroit même histoire ici à Strasbourg; selon la légende une source miraculeuse est apparue à l’endroit même où fût découvert le corps de sainte Attale. Le puits en usage à l’intérieur de l’église et le reliquaire contenant les os de la sainte sur le maître autel. L’affluence des pèlerins fut si importante à l’église Saint Etienne que la cathédrale en fut désertée et l’évêque fort courroucé. Il essaya de s’emparer du corps pour l’exposer à la cathédrale. Devant ce danger les reliques furent cachées et enterées pendant des années. Comme exemple je vous cite Rodolphe, auteur de la  » Chronique de l’abbaye de Saint Trond  » (Limbourg, Belgique) à propos du pèlerinage qui s’y faisait au XIe siècle auprès du tombeau de Saint Trond.  » Les pèlerins amenaient sur l’autel de si nombreuses offrandes en nature, argent, bijoux et fil d’argent que toute la journée plusieurs sacristains se relayait pour tout ramasserer et faire place nette.  » Ce culte des reliques qui reliait le monde visible des humains au monde invisible de Dieu et de ses Saints n’en était qu’a ses débuts. Un autre article suivra conçernant d’autres lieux et pratiques de pèlerinage.

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Cet endroit bénéfique devait déjà être connu vers le VIIe siècle, première mention écrite retrouvée de ce village est en 728 sous le nom de Hyppenesheim. La première petite chapelle était mentionnée vers 1028 est devait probablement être en bois. Au XIIe siècle une moitié du village dépendait des Bénédictins de Murbach. La première petite chapelle en dur remontait, elle à 1387 et possédait déjà la tombe de Ludan. Ce pèlerin qui était né en Écosse, le père étant un Duc d’Écosse, le noble Hildebod, avait déjà fait le pèlerinage de Jérusalem, de Rome et fondé un hospice au service des pauvres.

Quittant Rome pour remonter vers l’Écosse, il mourut d’épuisement au pied d’un tilleul par une froide nuit, le 12 février 1202. Étant entre deux paroisses, une dispute éclata et il fut décidé qu’un jugement de Dieu donnerait la solution au problème. On attela un jeune cheval au chariot portant son cercueil et le cheval décidera du lieu d’inhumation. Cheval qui se dirigeât tout droit vers l’église saint Georges de Hipsheim. Voilà encore un exemple comment un lieu sacré et particulier de la nature qui devint un lieu de pèlerinage chrétien et assez curieusement, pour l’époque, l’église paroissiale était située hors du village. Le tombeau actuel fût fait en 1492 par le célèbre sculpteur alsacien Conrad von Sinsheim et c’est aussi vers cette époque qu’on remanie profondément l’église .  Durant la guerre de Trente ans, l’église fut, en 1632, détruite par les Suédois. Nous ne savons pas à quoi ressemblait le tombeau fait en 1202, l’église encore restaurée en 1723 et le tombeau actuel fut encore restauré en 1752. Mais les pèlerinages continuèrent sans faiblir.

Saint Ludan

La tombe de St Ludan a une fonction de purifier qui est double. Le pierre du haut qui représente saint Ludan purifie les malédictions et autres sortilèges et le bas de la tombe purifie les crimes du sang.  C’est-à-dire assassins en tout genre, empoisonneurs(-euses) et sages-femmes (avortements) laissaient derrière eux le sang. Le rituel était assez simple; dos vers le maître-autel il fallait aller vers l’ouest, faire le tour de l’église à contre-sens des aiguilles d’une montre, vers la mort, faire sa prière devant l’autel principal, rentrer dans le tombeau, ressortir et quitter l’église. Un seul passage était suffisant car cette purification, que nous appellerons une sorte d’absolution énergétique, est très puissante. En tout cas c’est rarissime  en Europe. Ce n’est pas le genre de légende qu’affectionne l’église et il ne faut donc nullement s’étonner que la légende aie glissé vers une histoire plus commune, c’est-à-dire soigner les plaies des jambes (sang), puis frotter les linges à la tombe et les employer comme pansement sur les jambes une fois à la maison. Le rayonnement de cette tombe étant si fort que même de cette façon Saint Ludan accomplissait des miracles mais . . . on a joliment détourné la légende et la disposition de purification de cet endroit curieux et bénéfique. Ce sont part après rajouté au cours des  siècles que saint Ludan soignait les engelures aux jambes, les maux de tête. Il est évident que dans certains endroits d’Europe, les ondes telluriques biens connues des spécialistes de la géobiologie rejoignent l’histoire et la légende et que, ici, le rayonnement bénéfique aide à guérir d’autres choses que ce pourquoi il avait été conçu au départ.

Si la vie et la mort des dragons sont des thèmes récurrents du légendaire chrétien il est curieux de voir que tout le légendaire  autour de la tombe de saint Ludan nous ramène avec son escalier à descendre sous terre, ne fut que de quelques marches, aux légendes des dragons.  Ces dragons gardiens des antres de la terre et des sources affrontent des héros  – qu’ils aient comme nom – Horus, Persée, Hercule ou saint Georges – et sont, comme ici, avec le légionnaire saint Georges, transpercé par la lance de Dieu. L’église de Hipsheim était dédiée à saint Georges bien avant l’arrivée de Ludan. Le tellurique (les ondes du tombeau souterrain) et la dalle représentant saint Ludan (la partie célèste) le tout dans la même petite église est remarquable au point de vue de la symbolique des anciens et de la transformation de la tradition païenne en tradition chrétienne. L’image de saint Georges combattant les divinités païennes, représenté sous la forme d’un dragon est la parfaite illustration de la nouvelle religion chrétienne, céleste, qui triompha de la vouivre, du dragon et des forces terrestres.

Nous reprendrons le thème très particulier des chevaliers et évêques terrassant des dragons bientôt.

Mais le pèlerinage ne se limitait pas à Hipsheim, l’autre partie visité par les pèlerins était le village à côté, Nordhouse, où il mourut au pied d’un tilleul. Le tilleul se dressait à la chapelle du cimetière de Nordhouse. Une plaque dans le mur nord du cimetière nous rappelle le lieu et indique qu’il avait 6 mètre de circonférence. Culte ancien aux arbres ? Un malencontreux coup de vent le coucha en 1850. Une partie fût sauvée comme relique dans la chapelle du cimetière mais il fallut vite protéger cette relique des pèlerins. La coutume d’emporter un morceau de relique, dans le cas présent des échardes du tronc, l’aurait vite fait disparaître à jamais. L’intercession de Saint Ludan ici permettait la guérison d’abcès purulents. Le dernier geste du pèlerin était de balayer la chapelle avec son propre balai, qu’il devait ensuite abandonner sur place une fois sa tâche terminée. Tous les balais étaient brûlés une fois par an dans une grande fête, geste symbolique de la transmission de la maladie à un objet, geste magique de le bruler pour que la maladie soit définitivement partie.

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Par tous les Saints

A travers toute l’Europe du Moyen-Age, il y avait des endroits réputés par leur sainteté et les miracles qui s’y étaient accomplis.

 

Ces lieux accordaient un pouvoir particulier de guérison et de protection a à certains saints. La possession des saintes reliques était évidemment ambitionnée par moultes églises, abbayes et autres cathédrales.

Le culte de ces reliques était à certaines époques de l’année, surtout le jour de la fête du saint, l’occasion de voyages, de processions (Troménie en Bretagne *) des habitants de la contrée voisine et même de régions fortement éloignées.

On faisait même, au besoin, accomplir ces voyages par des personnes qui s’en étaient fait une profession et qui se chargeaient,  moyennant quelque aumône, de faire le voyage, de dire les neuvaines et observer le vœu.

Il existait aussi des gens, généralement, des femmes connaissant le culte des saints au point d’en faire profession. On pouvait les trouver dans presque chaque village.

Dès qu’on souffrait de quelque mal, consultation était prise et le ou la spécialiste diagnostiquait le mal « du saint » ou « des saints », indiquait ce qu’il convenait de faire et le faisait moyennant rétribution. Ayant une plus grande expérience avec le monde des saints guérisseurs, connaissant mieux les rites, cette personne devait logiquement obtenir de meilleurs résultats, aussi était-elle généralement déléguée auprès de ceux-ci. Les voyageurs et surtout les voyageuses de cette sorte étaient encore très nombreux au XIXe siècle et certains d’entre eux se trouvaient toujours en courses d’un sanctuaire à l’autre. 

Ajoutons les pèlerins de Rome, Jérusalem ou saint Jacques de Compostelle celà faisait beaucoup de monde sur les routes et dans les églises.

Ils accomplissaient d’ailleurs leur tâche avec le plus grand sérieux, ne doutant ni de leur diagnostic, ni du saint, ni de l’efficacité de l’opération si tout était mené avec confiance et dans les règles. Le « voyage » se faisait à pied, tôt le matin, sans parler à personne, sans boire ni manger, et s’accompagnait de prières à l’aller et au retour. Devant la statue du saint, les rites consacrés étaient accomplis et quand il le fallait on ramenait de l’eau des sources guérisseuses.

Ensuite le voyage était « rendu » par une dernière prière chez le client malade et un repas était pris avec la famille. Certains malades étaient atteint de quinze saints et vu les déplacements à faire ces guérisons pouvaient prendre du temps. Certaines personnes avaient d’ailleurs un don de double vue pour dépister les maladies.

 

* Les Troménies ou pèlerinages:

Le village de Locronan, Ronan  qui né en Irlande au VIIe siècle traversa la Manche  après une vision, pour arriver en Cornouaille (le sud du Finistère), enseigner la religion chrétienne et fonder un prieuré bénédictin. Il y a 2500 ans, Locronan était un site religieux celte unique en Europe. Les repères astronomiques celtes ont donné naissance au nemeton, un quadrilatère de douze kilomètres comportant les douze marques de l’année lunaire.  Le site fut christianisé mais garda intact le tracé exact du quadrilatère sacré. Comme le breton le dit très bien : du breton tro-minic’hi, le tour de l’enceinte sacrée. La plus ancienne remonte au XIIIe siècle.

Le jour de la procession, les habitants se parent de leurs plus beaux costumes traditionnels, qui ici ne sont en aucun cas symboles de folklore. Bien au contraire, ces costumes prennent une toute autre dimension, à savoir le rattachement aux ancêtres. On dit que si on ne fait pas la procession durant sa vie, il faudra la faire après la mort, mais on ne pourra avancer que de la longueur de son cercueil tous les ans.

La Grande Troménie serait le parcours que St Ronan effectuait chaque semaine, pieds nus et à jeun et la Petite Troménie, le circuit qu’il faisait tous les jours. Le parcours de la Troménie est jalonné de 12 stations, indiquées par 12 croix de granit et de 44 petits huttes, dans lesquelles reposent des vieux saints bretons. Ils ont quitté leur église ou leur chapelle pour venir saluer les reliques de St Ronan.

Locronan dessin 3864x5152

Il faut savoir qu’on ne peut faire le parcours complet qu’en période de Grande Troménie, car celui-ci emprunte des chemins privés. Les jours qui précèdent, on abat des talus, on met des ponts de fortune sur les ruisseaux, on fait tomber ce qui peut obstruer, par endroits, le sentier traditionnel.

Rien, ni personne n’empêchera le pèlerin de faire le parcours.

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Etrange histoire de gnomon que celle de sainte Ode, laquelle du haut d’un rocher encore appelé  «  chaire de sainte Ode «   On y trouve l’empreinte de son pied. Ode entendit une voix lui commander de lancer son bâton de marche le plus loin possible vers la rive d’en face, et que là où il tomberait elle devrait faire bâtir une église en l’honneur du saint martyr Georges, soit un cavalier terrassant un monstre.

Le nom d’ODE est vraisemblablement une interprétation médiévale de l’inscription sculptée sur le sarcophage (VIIe siècle) découvert en janvier 1977, où l’on voit la sainte tenir son fameux bâton dans un décor d’entrelacs celtiques :  SCACHRODOARA,

ou sainte Chrodoaire, lue SCA-CHR-ODO-ARA ou  «  autel de la sainte chrétienne Ode «

Ce sarcophage avait été enfoui sous le pavement du chœur au XIIIe siècle. On peut l’y admirer tel qu’on l’a mis au jour, à travers une fenêtre de verre pratiquée dans le chœur. Il s’agit du seul sarcophage à figure humaine de l’époque mérovingienne que l’on connaisse en Europe.

Probablement d’abord communauté de moniales, l’église devint collégiale en 1091. Un chapitre de chanoines veilla sur l’édifice jusqu’au XVIIIe siècle.

La collégiale Saint-Georges et Sainte-Ode abritant de nombreux trésors, dont un fort curieux sceau.

Le sceau du Père des Mystères

Un sceau trouvé par l’équipe de fouilles, qui atteste l’existence en ce lieu de culte au dieu Mithra. Pareil culte dû avoir été assez important à Amay (Amanium) pour qu’il y ait résidé un Père des Mystères, dignitaire ou en quelque sorte évêque de cette religion initiatique.

Le sceau ovale montre en effet le bonnet phrygien, une serpe, un anneau et une crosse ou bâton qui, selon une mosaïque du mithreum d’Ostie, étaient les attributs du Père des pères, grade suprême mithriaque.

Bonnet Phrygien des initiés porté par le centaure CHIRON et qui était un talisman protecteur. Chiron issue de Philyra et de Cronos deviendra le roi des Centaures dont Homère dira qu’il est le seul juste parmi les Titans, le grand instructeur des héros grecs. Il avait le don de guérir les maladies par les accords de sa lyre et le don de connaître l’avenir.

Ce bonnet rouge qui symbolise encore l’œuvre accomplie, un symbole connu par les adeptes du Moyen Age qui firent de lui un emblème très révélateur.

Accompagnés d’une flûte de Pan symbolisant les Mystères, ils entourent un cyprès, conifère dans lequel Mithra serait né miraculeusement un 25 décembre. Un serpent enroulé autour du tronc, signifiant pour les adeptes de ce dieu  l’éternel cours du temps. Le cyprès natal de Mithra  qui survit dans notre traditionnel arbre de Noël. La crosse du lituus augural ajoute l’astronomie.

Le Père des Mystères qui présidait aux rites mithriaques était le plus haut dignitaire de cette secte occulte qui, après l’édit de Constantin, formera le noyau ésotérique de la nouvelle religion d’Etat : l’Eglise du Christ.

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  La mythologie grecque attribue à Asclépios, alias Esculape, la paternité du bâton magique, car il savait utiliser les poisons pour guérir les maladies et même ressusciter les morts. Si Materne cependant, trois fois évêque, jouit de trois corps saints également certifiés et si l’iconographie chrétienne le fait jongler avec trois mitres dont une en équilibre sur chaque épaule. Le fait que Materne soit un personnage fictif du calendrier liturgique – ce qui lui confère une bien plus grande valeur de symbole – n’empêche nullement Cologne, Trèves et Tongres d’en posséder le corps entier, sinon d’importantes reliques. On ne connaît par contre qu’un seul exemplaire du singulier bâton pastoral qu’il avait reçu de l’apôtre Pierre. Cet objet magique, capable de ressusciter les morts, est à Tongres (Belgique), enchâssé dans une crosse d’argent. La baguette magique, capable de ranimer un cadavre est curieusement un des attributs de Saint Pierre quand il joue les guérisseurs. Il la prête parfois à Sainte Pétronille qu’on dit être sa fille. Plus encore que la mitre, la crosse est l’insigne de la dignité épiscopale. A l’instar de celle qui ressuscita Materne et devint ensuite son bâton pastoral, la mode en est venue de Rome. Les théologiens ne mettent pas en doute qu’elle dérive du Lituus recourbé des augures. Ces membres éminents de la classe sacerdotale se reconnaissaient à leur robe pourpre, elle aussi pareille au vêtement des évêques. Ils usaient du Lituus pour interpréter les auspices, mais encore pour présider aux cérémonies du culte, ce qui nous est resté dans le mot « liturgie ».

Quant à l’origine de ce bâton augural, elle était selon Cicéron au premier livre du « De divinatione », à faire remonter à Romulus qui s’en était servi pour procéder à la fondation de la ville. Pour être plus précis ce sont les étrusques, expert en influences telluriques, qui ont envoyés un augure aider Romulus pour déterminer les zones où Rome serait fondée. Depuis c’était à l’augure qu’incombait la charge de fonder un temple autour duquel s’élèverait la cité. Après s’être choisi dans le ciel un archétype parmi les constellations, il dressait avec soin l’horoscope du lieu, déterminait d’après les astres l’emplacement du « mundus », point central et cœur de la future agglomération. Et à cet endroit, il plantait son lituus, que le tronc écorcé d’un jeune arbre allait bientôt remplacer. On songe à la légende de tel ou tel saint dont le bâton fiché en terre prend soudain racine et se couvre de feuilles; des saints sourciers, faisant jaillir des sources où elles étaient nécessaires ; St Fursy, St Gommaire, St Guidon, Isidore le laboureur, Saint Josse … En tout il y a au moins 241 cas de sources nouvellement jaillies ainsi.

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Ici un rare exemple ou le monde celtique a résisté à l’église de Rome

 

Depuis vingt siècles et plus, les cierges continuent à bruler devant un menhir. C’est un étrange oratoire debout dans les champs, dédié à un bienheureux dont vous ne trouverez trace dans aucun missel, saint Mort . . .

D’où viennent les pèlerins de saint Mort ? Pas une signalisation ne renseigne cet hameau perdu aux confins de Coutisse et de Haillot. Pourtant quand on pousse la porte du sanctuaire, il n’est pas rare d’entrevoir une ombre agenouillée. Et si vous n’avez pas fait grincer l’huis, peut-être verrez-vous l’ombre se lever, approcher furtivement de l’autel, se courber et baiser dévotement par un trou ménagé à cet effet, une pierre sortant du sol. Autour de l’ouverture, il est écrit en grandes capitales :

 

       L’AN   613   DE  CE  LIEU  ST-MORT  MONTA  AUX  CIEUX

 

613  ?  La date ne vous dit-elle rien ?  Cette année-là, il ne s’est pourtant passé qu’un seul fait digne des tablettes des tablettes de l’Histoire, hors l’ascension de saint Mort, la mort en Bourgogne d’une vieille dame octogénaire, liée nue par les cheveux à la que d’une jument indomptée et trainée, selon la légende, jusqu’au pied d’une de ces pierres druidique, où elle expira : l’horrible supplice de la reine Brunehaut !

 

Et l’histoire locale ici, nous est rapportée à la fin du seizième siècle par le théologien Molanus .    

«  Au dire de nos ancêtres, c’est près d’Andenne qu’il vint au monde, mort. Mais avec la permission divine, il retrouva la vie et fut déclaré au baptême : Mort né. Miraculé, il vécut modestement dans les bois, en compagnie d’hommes frustes, qu’il aidait dans la fabrication du charbon de bois. Puis il se retira en ermite dans ces mêmes bois d’Andennes, où il passa saintement ses jours, jusqu’au dernier. « 

 

L’ermite mourut octogénaire, ceci impliquant qu’il ait eu le même âge, qu’il soit né la même année que la reine Brunehaut. Les coïncidences ne s’arrêtent pas là ; son trépas, survenu comme celui de la reine d’Austrasie près d’une pierre, s’assortit également d’une déroutante affaire de chevaux. Et en pareil cas le moindre détail est à retenir.

 

«  Un jour, comme on ne le voyait plus, les voisins organisèrent une battue et le découvrirent mort. Ils voulaient transporter sa dépouille à  Andenne. Mais les chevaux, Dieu aidant, se rebiffèrent. Par contre, tournés vers la ville de Huy, ils gagnèrent sans plus de révolte l’église Saint-Jean l’Evangéliste. C’est là que son corps repose, honorablement inhumé entre deux piliers de la nef « 

 

Suit alors la description du tombeau du Mort, qui n’est pas sans intérêt. Car sur sa dalle funéraire et sous une statue du saint en tenue d’ermite avec chapelet et bâton, se voyait

«  une grande pierre posée sur deux supports, en manière d’une table d’autel « 

Rien de moins qu’un dolmen dans l’église, mais un dolmen devant lequel au seizième siècle, d’étranges rites se perpétuaient . . .

 

«   …. Les pèlerins qui y affluent, déposent des offrandes pour être délivrés de leurs calculs, maux de tête, de dents, douleurs aux jambes et autres maladies. Ils y offrent des ex-voto en cire ou en métal, jambes, couronnes, bras, comme aussi des fers de prisonniers, du gros sel, des pièces de monnaie, des figurines de poules et de poussins, etc …   « 

 

En quatre siècles, les ex-voto avaient perdu toute valeur de symboles. L’intelligence du sacré s’était effritée, le temps de la superstition venu. Mais le plus incroyable est que l’on voit se répéter un rite que j’ai vu en Bretagne, à Saint Gildas. Cette pierre-ci, comme l’autre, on venait toujours la gratter, pour récolter un peu de poudre à guérir ! Une cuillère en fer-blanc est mise gracieusement a la disposition des fidèles.

  Belgique, province de Namur, commune de Ohey.

 

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Mais combien de sorcières ont payé de leur vie ce savoir ancestral et naturel ?  Combien d’hommes et de femmes sacrifiés sur l’autel de l’inquisition?

La réponse n’est pas aussi simple, je dirai même plus tôt compliquée. Malgré des condamnations théoriques répétées le christianisme médiéval a toléré dans son sein des croyances et des attentes divinatoires qu’il a marginalisées par la suite pour se retrouver maintenant dans une culture folklorique marginale.  Les buchers pour sorciers et sorcières ont existé mais en regardant d’un plus près la réponse n’est pas simple. Je dirai que trois choses semblent importantes :   le degré de « savoir » que l’on a, la position sociale et la discrétion quand on  « pratique ». Au moins une de ces trois qualités peut vous tenir loin de l’inquisition.

J’ai longtemps pensé qu’effectivement l’église pourchassait toutes les pratiques divinatoires et autres présages et en cherchant cette confirmation j’ai trouvé ceci :

Prophéties des pères, des Saints et Bienheureux de l’église

Saint Augustin (354-430) évêque d’Hippone et docteur de l’église

Saint Nilos l’ermite (V ième S.), anachorète, docteur de l’église

Saint Rémi (845-882), archevêque de Reins, docteur et confesseur de l’église

Saint Césaire d’Arles (470-542), évêque d’Arles, moine des Lérins

Saint Catalde, évêque de Tarente

Saint Isidore de Séville, (560-636) évêque, docteur de l’église et confesseur

Le Bienheureux Amadio (1100) Italie

Hildegarde de Bingen, (1179) Abbesse

Bienheureux Amédée 1er de la Tour (1168), évêque de Sion

Saint Anselme (1200), évêque de Sunium en Grèce

Saint Ange (1225) religieux du Mont Carmel

Saint François d’Assisse (1181-1226)

Saint Thomas d’Aquin (1274) Bénédictin du mont-Cassin

Saint Bonaventure (1221) Franciscain

Frère Jean de la Roquetaillade (1362), Franciscain

Et même en 1568 les Propheties de M Michel Nostradamus, édité a Lyon tout comme ces Almanach nouveau, avec deux pages de présages généraux pour l’année, puis suivent seize pages de prédiction mensuelles et d’instructions diverses. Ils eurent un tel succès qu’il doubla les éditions sous le nom de « Prognostication nouvelle »

Aucune de ces personnes n’a été poursuivie ou brulé par l’église mes tous ont pratiqué durant de longues années la divination. Parmi les six femmes en Picardie qui ont rédigé l’évangile des quenouilles (1480) une a faite des études de médecin à Montpellier et une autre et de bonne descendance Vaudoise.

Je disais donc, c’est pas simple ….

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