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Archive for the ‘symbolique médiévale’ Category

Symbolique des Archanges

Dans cette grande forêt d’Ardennes qui couvre une partie de la Belgique, du Luxembourg et de la France, nous avons fait une halte du côté Français, département des Ardennes (08), au village de Baâlon, situé sur la route D947 entre Montmédy et Stenay. Si la région est mieux connue pour la légende des 4 fils Aymond et du cheval Bayard.quatre fils Aymond maastricht

Elle recèle d’intéressants édifices religieux quelque peu oubliés car loin des grands axes touristiques où économiques. Le paisible village de Baâlon va nous donner l’occasion d’aborder un sujet symbolique rarement rencontré lors qu’il s’agit de nos églises en Europe. La symbolique des archanges et des hommes, est un sujet presque tabou.

Nous citons pour mémoire, Denys l’Aéropagite (vers 490) et le pape et docteur de l’église Saint Grégoire le Grand (540-604) qui nous éclairent quelque peu sur leur nombre (7) et les fonctions des anges et archanges. Nous traiterons un autre jour de tout le contexte archanges et anges qui part une manipulation spirituelle ont disparus du calendrier liturgique après Vatican II le 11 octobre 1962 et ne sont plus que quatre Archanges.

Ce paisible petit village de Baâlon, au Nord de la France, avec au milieu de ses 170 habitants une petite église de la fin du XIIIe S., église dédiée à Saint Rémi. Dans le bois derrière l’église une chapelle récente près d’une source dédiée à Sainte Anne et qui en son temps avait son pèlerinage.

Il serait difficile en en faisant le tour de trouver quelque chose de remarquable où de particulier à cette église de village. Juste une porte latérale surmontée d’un tympan roman et qui représente deux personnages ailés avec au milieu un être humain.

Tympan roman

Le pèlerin n’y trouvera rien de bien remarquable et passera son chemin vers des édifices bien plus prestigieux. Nous sommes bien loin des œuvres d’art des tympans de Conques ou d’Autun pour ne nommer que ceux-là.

Visitez tranquillement l’église et revenez-vous mettre devant ce tympan. Sous des dehors très simple la symbolique romane peut vous amener sur des terres insoupçonnées et qui éclairent notre symbolique religieuse d’une lumière nouvelle.

L’analyse du sujet va nous obliger à faire plusieurs tableaux afin de mieux comprendre le sujet représenté car plus, en apparence, le sujet est simple et plus la coquille de noix sera dure à croquer.

Beaucoup seront appelés et peu seront élus

Le tympan nous montre deux archanges encadrant un religieux. Un père abbé avec sa crosse, sa tonsure, une simple robe de bure et un livre ouvert dans la main.

Tête abbé

Précisions supplémentaires, contrairement aux deux archanges on voit la pupille de ses yeux ce qui nous indique qu’il voit et a donc une claire conscience, il est un être éveillé.

Baâlon moine

La crosse tenue droite indiquera son statut  d’autorité ecclésiastique mais ici elle est tenue en oblique ce qui indique la transmutation. Il quitte le plan terrestre et va changer de plan. Dans l’usage symbolique de la crosse la volute ou crosse tournée vers l’avant veut dire que le personnage religieux se trouve sur ses terres, celles où il a juridiction. Si la volute ou crosse est tournée vers le personnage c’est qu’il est en visite hors de sa juridiction.

Ici, notre père abbé à la crosse tournée vers lui car il a déjà quitté la vie terrestre, son territoire, et va arriver chez le divin, c’est-à-dire, plus de son niveau de juridiction mais un niveau supérieur qui ne lui était pas d’accès.

Nous reviendrons un autre jour sur les diverses interprétations des bâtons et crosses de nos saints personnages tels qu’ils étaient représentés au Moyen Age.

Il a dans la main gauche un livre ouvert qui mérite une petite explication supplémentaire. Dans notre statuaire médiéval le livre ouvert peut nous indiquer deux interprétations possibles. Il peut indiquer la prière et la contemplation soit la connaissance qui est donnée. Si le livre est fermé le message est élitiste, le personnage a la connaissance mais ne la partage pas avec tout le monde. Quand vous analysez ce genre de représentation il vous faut bien observer le livre.

Le livre ouvert assez plat avec un peu de décoration autour sera le plus souvent une représentation de Bible, le livre d’une certaine épaisseur sera le plus souvent une représentation de la connaissance.

KODAK Digital Still Camera

Si un personnage religieux se retrouve avec un livre sur les genoux il est considéré être en connexion avec le divin mais ne l’a pas encore appliqué. Il est pour ainsi dire encore « à l’étude du divin». Si le personnage a un livre en main, il le tiendra de la main droite. Ici il le tient de la main gauche car il reçoit la connaissance avant de monter. La main gauche reçoit. Le saint qui a le livre dans la main droite donne la connaissance, il fait passer un message, la main droite donne.

Jusque-là nous avons abordé des sujets symboliques que toute bonne bibliothèque d’abbaye pourrait nous fournir. La recherche sur les archanges nous réserve bien d’autres difficultés. La plupart des dictionnaires de symbolique actuels n’en parlent pas du tout ou tout simplement anges et archanges ensembles, sans différence. Quelques bons dictionnaires vont plus loin, ils nous expliquent qu’aucun paragraphe ne sera repris sur ce sujet car ils ne relèvent pas d’une symbolique terrestre ! Que ce soit les guerres, les guerres de religions, la révolution du XVIIIe S. ou Vatican II, il est très laborieux de faire une recherche symbolique sur les archanges. Les descriptions en sont bien plus nombreuses chez les hébreux et chez les grecs-orthodoxes.

Le prince des archanges est saint Michel, qui est un archange combattant le mal (épée ou lance, armure). Les archanges s’occupant de guérison ne sont pas armés, ils n’ont pas à lutter contre le mal. Ceux-là sont représentés avec une sorte de bâton de commandement, ils sont les messagers de Dieux, comme Gabriel lors de l’Annonciation à Marie.

Archange gabriel Bysance

La lecture du tympan commence à gauche où façon ancienne et héraldique, à senestre. Notre archange aux ailes tournées vers le haut, donc tournées vers le divin. Dans une main il a une épée dirigée vers le sol, éloignée de lui pour couper le négatif venant du sol. Ces pieds sont d’ailleurs légèrement plus hauts que les deux autres personnages. Ailes vers le haut il ne touche pas le sol.

baalon3 (2)

De l’autre main il donne les clefs de la connaissance à l’abbé au milieu de la scène afin qu’il puisse comprendre le message du livre. Cet archange entend directement Dieu, il a des oreilles mais n’a rien à dire, il n’a pas de bouche. A regarder sa toge on constate qu’elle est coupée en deux par une ceinture au milieu du corps. Cet archange s’occupe donc du ciel et de la terre, de l’humain et du divin. Il a une toge plus courte que l’autre archange et on voit très bien ses pieds, autre indication qu’il s’occupe de ce qui se passe sur terre sont les cinq plis de sa toge, le nombre de l’humain, mais ailes vers le haut, vers le divin.

La transmission de la connaissance par les clefs est faite, l’humain au centre est en état d’éveil (les yeux bien ouverts) et son âme peut monter vers le divin.

L’archange à dextre (à droite en regardant le tympan) est d’une autre nature. Il n’a presque pas d’oreille mais a une bouche, il donne les dernières recommandations à l’humain qui va monter vers le divin. Il coupe des deux mains avec son épée sous les pieds de l’abbé la connexion avec la terre et par là indique que l’humain a reçu la connaissance à sa mort et est coupé de la terre pour permettre à l’âme libérée de monter. baalon3 (3)

L’âme qui a acquise cette connaissance doit impérativement monter, elle ne peut redescendre vers le terrestre et vers Satan. Cet archange est pureté complète et n’a pas de ceinture, il est lui entièrement ciel et céleste. La toge couvre d’avantage ses pieds, ceci est une symbolique particulière pour les archanges messagers du ciel, leurs pieds étant entièrement couvert ainsi que la plus part des fresques et tableaux nous les montrent. Notre archange de dextre n’a pas de toge mais une sorte d’armure. Deux plaques pour protéger le haut (contre Lucifer) et du bas il se protège des humains. La protection du milieu est appelée Salomé.

Après avoir épluché la pêche et en avoir mangée la pulpe, l’initié sait qu’il ne doit point jeter le noyau car il contient le plus précieux, l’amande. Mais la lecture n’est point finie ici car il nous reste à relire le même message mais cette fois ci par les nombres.

 

Chaque personnage a quatre temps de compréhension.

Archange à senestre (gauche) qui représente le ciel:

– ailes vers le haut et pieds touchant à peine le sol

– épée —> il se coupe du sol

– ceinturé —> coupé en deux

– donne les clefs

Humain:

– un religieux, tonsure

– le plus simple appareil de vêtements, humble

– le livre ouvert, la connaissance

– la crosse emblème du pouvoir

Archange à dextre (droite) représente le ciel et la terre:

– ailes vers le bas et pieds touchant terre

– épée coupant tout contact entre terre et humain, qui doit monter

– armure du haut, se protéger de Lucifer, archange déchu

– armure vers le bas, se protéger des humains

Symbolique des nombres

– Archange à senestre a une toge à cinq plis, il s’intéresse à l’humain.

5   le nombre de l’être humain.

Autre rappel du cinq: épée – clefs – crosse – livre – épée.

– L’âme doit monter, la trinité, 3 personnages, vêtements de l’humain à 3 plis.

– L’archange à dextre a une armure faite de 5 pièces

– Au-dessus de la tête de l’humain il reste deux demi étoiles des trois étoiles qui

devraient s’y trouver, il manque le dessus de la pierre du tympan.

– Chacune des étoiles à huit branches et un centre —> donc le nombre 9, c.à.d. le nombre qui représente la perfection. Et en poursuivant —> 3 étoiles X 9 = 27

Les deux nombres s’ajoutant 2 + 7 = 9 unité et perfection encore.

Beaucoup de messages de ce genre sont encore indéchiffrés dans notre Europe, il faut prendre le temps de s’arrêter et se poser des questions. La photo ci-dessous représente deux archanges ou anges tenant exactement la même épée et ont une toge presque identique, or nous le voyons là sur un tympan à Bessuéjouls, au nord-est de Rodez près du Lot qui est distant de 740 Km de Baâlon. bessuéjouls-anges épées

Rien n’est gratuit dans l’enseignement du Moyen Age, tout a une raison d’être, mais il nous faut chercher car le fil de la transmission est devenu très mince

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Le culte des reliques comme nous le connaissons prit quelque part son essort vers le VIe S. à travers les diverses pérénigrations des abbayes celtes d’Irlande (Saint Brendan) et Scot. Irlandais où Ecossais pouvaient à l’époque eux-mêmes se désigner SCOTTI. A partir du VIIe S. les pèlerinages chrétiens commençaient de prendre une ampleur sans précédant. Nous possédons pour les contrées du Nord, graçe à une bonne déscription le pèlerinage et le voyage des reliques de SAINT URSMER, saint patron de l’abbaye de Lobbes où il décèda le 18 avril 713.   Afin de mettre ses reliques et trésors à l’abri des troubles elles furent amenés le 2 juillet 1409 par les moines à la collégiale de Binche, devenue alors collégiale Saint-Ursmer. Saint Benoit sur Loire abbatiale voyage des reliques Quelques reliques furent laissées en Thierarche, dont il avait aussi été fait évêque, à Eppe-Sauvage et à Fontenelle où naquit Saint-Ursmer vers 644. Chapiteau de la translation des reliques de saint Étienne, église Saint-Étienne de Lubersac, en Limousin Donc nous sommes maintenant au XIe S. et les écrits nous apprènnent dans  » MIRACULA S. URSMARI IN ITENERE PER FLANDRIAM FACTA  » que la chasse content ses os va traverser tout le pays, Lobbes proche du Luxembourg et Ardennes Françaises vers la région de Bruges en Flandres. Ceci afin de récolter des fonds pour la reconstruction de leur abbaye ruinées par les guerres en Haynaut. Les personnages qui accompagnent les reliques sont pour l’époque des plus importants: nous y trouvons le comte de Flandre en personne, Baudouin V et son épouse la comtesse Adèle, fille de Robert II Roi de France. Font encore partie de ce voyage l’évêque de Thérouane, Saint Drogon et l’évêque de Londres, Guillaume Le Normand. Translation des reliques de saint Eugène, sur un chapiteau des années 1130. Dès le départ, ce n’est qu’une longue suite de miracles, partout où ils passaient. Ils traversèrent Lille, qui érigea une croix hors la ville où les reliques s’arrêterent un moment. Mais partout où passèrent les reliques s’opèraient des miracles ou s’appaisaient des querelles est autres disputes locales. On traversa ainsi Lille, Nieukerke. L’arrêt à cet endroit, comme plusieurs autres d’ailleurs, était voulu par le Comte de Flandres et ce dans le but d’y faire la paix et de ne plus y avoir d’opposants. Et ici nous comprenons que les moines Irlandais, l’abbaye de Lobbes suivant la règle de Saint Colomban, sont bien plus Celtique que Chrétiens de Rome. Les moines firent une procession circulaire avec les reliques, tout en psalmondiant. Les adversaires de la paix durent quitter le cercle comme s’ils en avaient été rejetés de façon surnaturelle; un chien noir les conduisit plus loin. Ce cercle de moines récitant des paroles nous amènent bien plus près de rites de magie chamanique que de pratiques Chrétiennes. De tout temps les civilisations ont célébrés le sacré par des réunions en cercle, autour d’un feu (la St Jean), d’un arbre (le chêne druidique), d’une source sacrée (procession tournant trois fois autour de la source), d’un cercle de pierres levées où d’une statue de saint où sainte (trois fois le tour dans l’église en passant derrière où sous la statue). L’église elle même ne sait plus trop en expliquer l’usage. Chanoines en cercle dans le chœur de l’église se jetant le ballon, au moins 2 cas en France, roues à clochettes ou offrandes de roues en cire verte. Ce n’est point le cercle en soit qui est important, la signification sacré est donné par le mouvement, par la ronde.  Ajoutez y la foi, les reliques portés et vous obtenez une force magique considérable. Puis les reliques passèrent à Bergues Saint Winoc (Flandre Française), Cassel, Furnes, Bruges, Oostburg. Le pèlerinage se poursuivit vers l’abbaye de Lissewege où il est dit que les pèlerins sont accompagnés de plus de 500 chevaliers. Au village de Leffinghe, où il n’avait plus plu depuis trois mois, graçe à St Ursmer il se mis à pleuvoir toute la nuit. Au point que les villageois voulaient retenir la chasse miraculeuse dans leur village. Puis deux jours à Gand et par Bruxelles retour à Lobbes. Limoges sortie des chasses de la cathédrale Autre exemple de l’usage des reliques pour celler la paix, en 1030 à Audenaerde, lorsque le Comte de Flandre Baudouin IV convoca nombre de barons et évêques avec sur place une impressionante réunion de reliques. Pour les mêmes raisons de paix ont retrouva une impressionnante réunion de reliques à Charroux (Département de la Vienne) en 989.

Si l’intention du Comte de Flandre était d’obtenir la paix dans certaines de ses régions, les moines avaient un autre intérrêt. Le numéraire, la reconstruction de leur abbaye.

 

 

Dès le XIe S. les pèlerinnages prennent de l’ampleur au choix vers l’un des 3 pèlerinnages important de l’époque; Jérusalem, lieu de vie du Christ, avec comme symbole la palme où le  Christ. Pèlerinage croix de Jerusalem

 

Pèlerinage Jerusalem Baudouin roi de Jerusalem avec le blason Le premier roi de Jerusalem,  Baudouin

avec le blason de Jérusalem, comme

l’insigne de pèlerin de  Jerusalem  représenté

ici   à droite. Pèlerinage Ste Véronique Rome

 

 

Rome et le tombeau de Pierre avec comme symbole les clefs, la croix où le vernicle (le voile de Sainte Véronique avec la sainte Face).

 

 

 

St Jacques Bxl

 

 

 

La Galicie et St Jacques de Compostelle et la coquille.

 

 

 

 

 

 

L’initiative en revient au pape Urbain II qui promèttait des indulgences plènieres pour qui avait fait un de ses trois grands pèlerinages, dit majeurs. Il faut dire qu’a l’époque le risque était grand et ont était pas sûr  d’en revenir vivant.   Très vite s’ ajouta un quatrième; à la fin du XIe S. saint Gilles du Gard, sur les bords de la méditerranée, était déjà devenue trop petite pour les pèlerins qui affluaient à l’abbaye et l’abbaye dut être agrandie et construite sur deux niveaux.

 

St Gilles lieux de pèlerinages           pèlerinage 1er église en dessous église de St Gilles

 

 

 

 

 

Elle fût consacré en 1096 par le pape Urbain II, c’est dire l’importance qu’avait le lieu. Gilles était un homme qui toute sa vie fût connu comme guérriseur et faiseur de miracles, pour les hommes et les animaux. Pèlerinage St Gilles insigne  Après quelques longs périples ils s’installa à cet endroit dans une grotte.

Et curieusement, cet endroit vit passer, à la fois les pèlerins

vers Rome, vers Jérusalem et vers Compostelle. Il était situé

sur les trois routes.

 

En premier, le gens qui prenait le chemin pour mettre leur conscience en ordre avec Dieu. Pèlerins qui, a travers leurs divers offrandes liberaient leurs conscience des fautes de leurs âmes et de la vie dissolue qu’ils auraient pu commèttre. En deuxième le pèlerinage lui-même où l’on va se rapprocher de Dieu et de ses apôtres. En troisième, le pèlerinage expiatoire, la condamnation. Devoir quitter sa région, son pays, et n’y revenir qu’après avoir fait un des trois Majeurs et avoir purifié son âme d’un crime commis. L’église médiévale reconnaisait sept sacrement, du terme ancien « sacramentum » qui signifiait « serment », sept étapes d’une initiatiques d’une vie par un engagement solonnel, un voeu. Le pèlerinage en était un et était conféré par une liturgie particulière, rituel retrouvé à l’abbaye bénédictine de San Cucufa au village de San Cugat del Vallès en Catalogne. Au matin le candidat pèlerin, avant de partir, se présentait au prêtre qui l’attendait pour lui remettre ses insignes; le bâton ou bourdon, et la besace, autrefois nommée écharpe. Pèlerinages photos livres bruges 4608x3072-070 Joinville en parle dans ses chroniques. Le prêtre les bénissait au préalable suivant         un rite dont on a conservé les formules latines.  » Au nom de Jésus-Christ, notre seigneur, reçois ce sac, attribut de ton pèlerinage, afin que tu mérite parvenir sans dévier, sauf et absous aux parvis du Saint-Sépulchre, ou de Saint Jacques, ou de Saint Pierre de Rome, ou des autres saints que tu désires atteindre et que tu nous reviennes, ton chemin accompli, en parfaite santé!  » Après une dernière bénédiction, le prêtre entonnait le psaume CXXIV : Qui confidunt in Domini. Pèlerinage évêque bénissant deux pèlerins   Ensuite, les fidèles, récitant les litanies, accompagnaient le pèlerin jusqu’a la sortie de la ville ou du village. Curieusement les compagnons du tour de france on gardé une partie de ce rituel; canne, besace, rubans et compagnons de la cayenne où ils ont œuvrés qui les accompagnent jusqu’a la sortie de la ville. Ce n’est qu’à travers le XIIIe S. que les pèlerins mettrons leurs attributs, insignes et symboles, indiquant part là leur quête, leur destination et au retour aussi la preuve qu’ils l’avaient réellement bien accomplis. Bruges besace et bâton de pèlerin Besace, bâtons de marche, pèlerine, grand chapeaux, chaussures, et suivant les destinations diverses d’autres insignes. Bruges St Salvador blason pèlerin St Jacques L’imagerie du Moyen Age nous les montres sculptée dans la pierre où le bois, sur les tableaux et autres manuscrits. Objets en étain, plomb, argent, bois et autres rubans. Comme le pèlerinage à la grotte de la Sainte Baume, dans le Var, pour les divers compagnons du Tour de France, cannes et rubans en tête. Bien sûr ce n’était pas un monde parfait; nous pouvons citer une critique de l’époque de l’abbé bénédictin de Nogent-sous-Coucy, Gilbert de Nogent. Il nous raconte les méfaits provoqués par ses mêmes cultes aux reliques. Les cadavres des Saints qui déménageaient régulièrement d’un endroit à l’autre. Il y avait une telle rivalité entre les différents éclésiastiques que les vols de reliques étaient très fréquents, si ce n’était pas un père abbé où un évêque qui en organisait le vol lui-même. Autre endroit même histoire ici à Strasbourg; selon la légende une source miraculeuse est apparue à l’endroit même où fût découvert le corps de sainte Attale. Le puits en usage à l’intérieur de l’église et le reliquaire contenant les os de la sainte sur le maître autel. L’affluence des pèlerins fut si importante à l’église Saint Etienne que la cathédrale en fut désertée et l’évêque fort courroucé. Il essaya de s’emparer du corps pour l’exposer à la cathédrale. Devant ce danger les reliques furent cachées et enterées pendant des années. Comme exemple je vous cite Rodolphe, auteur de la  » Chronique de l’abbaye de Saint Trond  » (Limbourg, Belgique) à propos du pèlerinage qui s’y faisait au XIe siècle auprès du tombeau de Saint Trond.  » Les pèlerins amenaient sur l’autel de si nombreuses offrandes en nature, argent, bijoux et fil d’argent que toute la journée plusieurs sacristains se relayait pour tout ramasserer et faire place nette.  » Ce culte des reliques qui reliait le monde visible des humains au monde invisible de Dieu et de ses Saints n’en était qu’a ses débuts. Un autre article suivra conçernant d’autres lieux et pratiques de pèlerinage.

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  • St Omer autre homme feuillu couleurs nef Nord (3)

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Cet endroit bénéfique devait déjà être connu vers le VIIe siècle, première mention écrite retrouvée de ce village est en 728 sous le nom de Hyppenesheim. La première petite chapelle était mentionnée vers 1028 est devait probablement être en bois. Au XIIe siècle une moitié du village dépendait des Bénédictins de Murbach. La première petite chapelle en dur remontait, elle à 1387 et possédait déjà la tombe de Ludan. Ce pèlerin qui était né en Écosse, le père étant un Duc d’Écosse, le noble Hildebod, avait déjà fait le pèlerinage de Jérusalem, de Rome et fondé un hospice au service des pauvres.

Quittant Rome pour remonter vers l’Écosse, il mourut d’épuisement au pied d’un tilleul par une froide nuit, le 12 février 1202. Étant entre deux paroisses, une dispute éclata et il fut décidé qu’un jugement de Dieu donnerait la solution au problème. On attela un jeune cheval au chariot portant son cercueil et le cheval décidera du lieu d’inhumation. Cheval qui se dirigeât tout droit vers l’église saint Georges de Hipsheim. Voilà encore un exemple comment un lieu sacré et particulier de la nature qui devint un lieu de pèlerinage chrétien et assez curieusement, pour l’époque, l’église paroissiale était située hors du village. Le tombeau actuel fût fait en 1492 par le célèbre sculpteur alsacien Conrad von Sinsheim et c’est aussi vers cette époque qu’on remanie profondément l’église .  Durant la guerre de Trente ans, l’église fut, en 1632, détruite par les Suédois. Nous ne savons pas à quoi ressemblait le tombeau fait en 1202, l’église encore restaurée en 1723 et le tombeau actuel fut encore restauré en 1752. Mais les pèlerinages continuèrent sans faiblir.

Saint Ludan

La tombe de St Ludan a une fonction de purifier qui est double. Le pierre du haut qui représente saint Ludan purifie les malédictions et autres sortilèges et le bas de la tombe purifie les crimes du sang.  C’est-à-dire assassins en tout genre, empoisonneurs(-euses) et sages-femmes (avortements) laissaient derrière eux le sang. Le rituel était assez simple; dos vers le maître-autel il fallait aller vers l’ouest, faire le tour de l’église à contre-sens des aiguilles d’une montre, vers la mort, faire sa prière devant l’autel principal, rentrer dans le tombeau, ressortir et quitter l’église. Un seul passage était suffisant car cette purification, que nous appellerons une sorte d’absolution énergétique, est très puissante. En tout cas c’est rarissime  en Europe. Ce n’est pas le genre de légende qu’affectionne l’église et il ne faut donc nullement s’étonner que la légende aie glissé vers une histoire plus commune, c’est-à-dire soigner les plaies des jambes (sang), puis frotter les linges à la tombe et les employer comme pansement sur les jambes une fois à la maison. Le rayonnement de cette tombe étant si fort que même de cette façon Saint Ludan accomplissait des miracles mais . . . on a joliment détourné la légende et la disposition de purification de cet endroit curieux et bénéfique. Ce sont part après rajouté au cours des  siècles que saint Ludan soignait les engelures aux jambes, les maux de tête. Il est évident que dans certains endroits d’Europe, les ondes telluriques biens connues des spécialistes de la géobiologie rejoignent l’histoire et la légende et que, ici, le rayonnement bénéfique aide à guérir d’autres choses que ce pourquoi il avait été conçu au départ.

Si la vie et la mort des dragons sont des thèmes récurrents du légendaire chrétien il est curieux de voir que tout le légendaire  autour de la tombe de saint Ludan nous ramène avec son escalier à descendre sous terre, ne fut que de quelques marches, aux légendes des dragons.  Ces dragons gardiens des antres de la terre et des sources affrontent des héros  – qu’ils aient comme nom – Horus, Persée, Hercule ou saint Georges – et sont, comme ici, avec le légionnaire saint Georges, transpercé par la lance de Dieu. L’église de Hipsheim était dédiée à saint Georges bien avant l’arrivée de Ludan. Le tellurique (les ondes du tombeau souterrain) et la dalle représentant saint Ludan (la partie célèste) le tout dans la même petite église est remarquable au point de vue de la symbolique des anciens et de la transformation de la tradition païenne en tradition chrétienne. L’image de saint Georges combattant les divinités païennes, représenté sous la forme d’un dragon est la parfaite illustration de la nouvelle religion chrétienne, céleste, qui triompha de la vouivre, du dragon et des forces terrestres.

Nous reprendrons le thème très particulier des chevaliers et évêques terrassant des dragons bientôt.

Mais le pèlerinage ne se limitait pas à Hipsheim, l’autre partie visité par les pèlerins était le village à côté, Nordhouse, où il mourut au pied d’un tilleul. Le tilleul se dressait à la chapelle du cimetière de Nordhouse. Une plaque dans le mur nord du cimetière nous rappelle le lieu et indique qu’il avait 6 mètre de circonférence. Culte ancien aux arbres ? Un malencontreux coup de vent le coucha en 1850. Une partie fût sauvée comme relique dans la chapelle du cimetière mais il fallut vite protéger cette relique des pèlerins. La coutume d’emporter un morceau de relique, dans le cas présent des échardes du tronc, l’aurait vite fait disparaître à jamais. L’intercession de Saint Ludan ici permettait la guérison d’abcès purulents. Le dernier geste du pèlerin était de balayer la chapelle avec son propre balai, qu’il devait ensuite abandonner sur place une fois sa tâche terminée. Tous les balais étaient brûlés une fois par an dans une grande fête, geste symbolique de la transmission de la maladie à un objet, geste magique de le bruler pour que la maladie soit définitivement partie.

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Pour chaque saint, chaque site aussi, il y avait un rituel bien spécifique à observer que la tradition imposait. J’en donne ici un exemple, à quelques kilomètres de la ville de Huy vous trouverez la ville d’Andenne avec son pèlerinage à Sainte Begghe. Elle guérissait les hernieux et les bègues s’ils rampaient trois fois sous les reliques. Il leur fallait aussi visiter les sept églises qu’elle avait fondées, bâties l’une près de l’autre. Puis boire l’eau des fontaines.

 et monter selon un trajet balisé par des pierres ou des chapelles jusqu’au village de Coutisse, et là le pèlerin découvrait, avec ange, diable et lanterne, pareil à une sainte Geneviève ou une sainte Gudulle, une sainte Orbie.

 

Ou comme ici passer sous le tombeau de saint Guidon.

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Mais il existait aussi des règles générales, à commencer par une purification intérieure qui se traduisait par le jeûne, la prière, le cheminement plus ou moins difficile et qui débarrassait un pas après l’autre l’esprit du pèlerin de tout ce qui n’était pas le but essentiel de sa démarche, jusqu’à ce qu’il parvienne en vue du sanctuaire ou du lieu sacré.

Ayant atteint le but, il lui fallait alors souvent faire un vœu, le premier étant naturellement de revenir remercier le saint une fois la grâce obtenue. Cela pouvait se concrétiser par un ex-voto, une inscription, aller jusqu’à la construction d’une chapelle, d’une église.

Ensuite, il devait pour une efficacité maximum, se concilier les quatre éléments, souvent symbolisés afin que nul ne l’oublie, sur la façade même de l’édifice sacré par les quatre bêtes de l’Apocalypse.

Il y avait d’abord l’eau, mise à la disposition de chacun dans des bénitiers à l’entrée du sanctuaire.

Elle était bénite, mais le signe de croix que le pèlerin faisait alors dissipait les derniers maléfices. Le feu venait ensuite.

Le rite consistait à allumer un cierge devant le saint auquel on allait s’adresser. La terre réclamait du pèlerin qu’il s’agenouille sur le sol avant de prononcer ou mieux de chanter les paroles rituelles qui feront vibrer l’air et formuleront sa demande dans les termes prescrits.

C’est alors seulement qu’il aurait à accomplir le geste particulier requis, qu’il s’agisse de toucher, de baiser, de caresser la statue du saint. Ailleurs, il sera important de boire, de se baigner dans une fontaine, de manger du pain bénit, de la terre, de ramper sous le corps du saint ou de tourner trois, sept ou douze fois autour du sanctuaire, de se faire imposer les reliques.

C’est à ce moment que l’intervention du prêtre est utile, soit qu’il confère le sacrement de pénitence, la communion ou offre sa bénédiction.

Le rite s’achèvera par une dernière bénédiction, celle des amulettes que le pèlerin rapportera chez lui et qui poursuivront l’effet demandé à la maison ou l’étendront à des tiers : médailles, insignes, drapelets.

Quand, ayant obtenu la grâce sollicitée, il reviendra remercier le saint, il ne devra point oublier son vœu, sous peine d’une punition proportionnée. Les ex-voto seront généralement un tableau, une inscription, les objets ayant servi au malade, béquilles, bandages, chaussures . . . comme à la cathédrale de saint Omer ou se trouve le sarcophage de saint Erkembode.

St Omer St Erkembode chaussures

Ce grand monolithe de grès rouge posée sur deux lions et sur lequel s’entassent les paires de chaussures apportés par les pèlerins.    Saint Omer tombeau pèlerinage de saint erkembode (12)

Aujourd’hui on vient le prier chaque fois qu’un enfant a du mal à se mettre en marche et les mamans déposent ici, en priant avec confiance, les chaussures de leur enfant. Il en est pareil pour les personnes qui ont difficile de marcher.Saint Omer un pèlerin priant devant la tombe de St Erkembode (108)

N’oublions pas qu’au Moyen Age il n’y avait pas de chaises ni de banc dans les églises. Beaucoup de petites églises de pèlerinages avaient dans la nef des bancs de pierres le long des murs.

Cela permettait aux pèlerins de se reposer et surtout de prier et étudier les divers chapiteaux qu’il pouvait admirer. On tournait, on déambulait, on parlait et le silence n’y régnait pas comme aujourd’hui. Il y avait vraiment une vie sans obstacles et à N-D de Paris même les animaux étaient autorisés à entrer.

En prenant son temps pour prier devant telle relique, telle statue ou tel pilier le pèlerin entre, pour ainsi dire en résonnance énergétique avec le lieu. Soit par le rituel spécifique du prêtre on pouvait guérir ou obtenir les grâces désirées, soit c’est par la spécificité du lieu que l’on guérit (ondes telluriques, cosmiques, sources sacrées)

Si les origines de certains pèlerinages sont parfois imprécises, parce que trop lointaines, il est cependant possible d’en tirer les grandes lignes :

  1. Les sanctuaires de légendes, genre Rocamadour, Mont Saint-Michel
  2. Les sanctuaires antiques liés aux premiers évangélisateurs comme saint Martin à Marmoutier et Grégoire de Tours à N.D. de Marsat.
  3. Les Apparitions. On compte 25 apparitions de la Vierge en France, le Christ à Paray-le-Monial et saint Joseph à Cotignac.
  4. Les inventions de statues ; plus de quatre-vingts sanctuaires se sont édifiés autour de Vierges trouvés ou plus exactement retrouvées
  5. Ce qu’on appelle « la lignée Montaigu » faites de statuettes taillées dans le chêne miraculeux de Montaigu, en Belgique, et dont il reste 16 exemplaires toujours vénérés.
  6. Les pietàs et les sépulcres ; héritages des famines, épidémies et guerres.
  7. Les sanctuaires-reliquaires (les plus nombreux) et qui abritent le corps d’un saint, une relique insigne ou un objet leurs ayant appartenu.

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8.Les sanctuaires ex-voto qui ont pris naissance avec des marins ayant survécu à une tempête ; la fin miraculeuse d’une épidémie ou avoir gagné une bataille qui était désespéré.

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  1. Pèlerinages locaux qui reproduisent les pèlerinages fameux auquel les gens ne pouvaient se rendre commodément. (Église de Jérusalem, Bruges)    

 10. Les nombreux pèlerinages pour bénir les animaux domestiques,

et bateaux,DSCN9976

                les voitures le jour de la Saint Christophe.

Bxl St Jacques 3

La Bretagne mise à part c’est dans le Nord qu’on trouve la plus grande densité de saint locaux : les saints Erkembode, Ansbert, Bavon, Bénigne, Gildard, Gohard, Folquin, Lugle et Luglien, Piat, Rieul, Chrysole, Winoc, Copin, Druon, Gorgon, Saulve, Taurin, Médaret, Wasnon, Wandrille, Wulfran et bien d’autres. P1030493

Pour les saintes nous trouvons sainte Maure, sainte Brigide, sainte Austreberthe, sainte Berthe, sainte Pachasie, sainte Scholastique, sainte Bertille, sainte Isbergue, sainte Attale, sainte Maxellende, sainteWilgeforte . . .

La Bretagne elle en compte près de cinq cents, aux noms insolites et aux légendes merveilleuses. Il est curieux de noter que les saints Bretons vont souvent par sept. Les sept saints peuvent se rapporter aux sept évêques, aux sept dormants d’Ephèse ou les sept saints guérisseurs de Trédaniel.

La religion du Moyen Age est une religion concrète. Du culte des reliques à la pratique du pèlerinage, c’est toujours à travers le sensible que l’on s’élève au sacré.

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Par tous les Saints

A travers toute l’Europe du Moyen-Age, il y avait des endroits réputés par leur sainteté et les miracles qui s’y étaient accomplis.

 

Ces lieux accordaient un pouvoir particulier de guérison et de protection a à certains saints. La possession des saintes reliques était évidemment ambitionnée par moultes églises, abbayes et autres cathédrales.

Le culte de ces reliques était à certaines époques de l’année, surtout le jour de la fête du saint, l’occasion de voyages, de processions (Troménie en Bretagne *) des habitants de la contrée voisine et même de régions fortement éloignées.

On faisait même, au besoin, accomplir ces voyages par des personnes qui s’en étaient fait une profession et qui se chargeaient,  moyennant quelque aumône, de faire le voyage, de dire les neuvaines et observer le vœu.

Il existait aussi des gens, généralement, des femmes connaissant le culte des saints au point d’en faire profession. On pouvait les trouver dans presque chaque village.

Dès qu’on souffrait de quelque mal, consultation était prise et le ou la spécialiste diagnostiquait le mal « du saint » ou « des saints », indiquait ce qu’il convenait de faire et le faisait moyennant rétribution. Ayant une plus grande expérience avec le monde des saints guérisseurs, connaissant mieux les rites, cette personne devait logiquement obtenir de meilleurs résultats, aussi était-elle généralement déléguée auprès de ceux-ci. Les voyageurs et surtout les voyageuses de cette sorte étaient encore très nombreux au XIXe siècle et certains d’entre eux se trouvaient toujours en courses d’un sanctuaire à l’autre. 

Ajoutons les pèlerins de Rome, Jérusalem ou saint Jacques de Compostelle celà faisait beaucoup de monde sur les routes et dans les églises.

Ils accomplissaient d’ailleurs leur tâche avec le plus grand sérieux, ne doutant ni de leur diagnostic, ni du saint, ni de l’efficacité de l’opération si tout était mené avec confiance et dans les règles. Le « voyage » se faisait à pied, tôt le matin, sans parler à personne, sans boire ni manger, et s’accompagnait de prières à l’aller et au retour. Devant la statue du saint, les rites consacrés étaient accomplis et quand il le fallait on ramenait de l’eau des sources guérisseuses.

Ensuite le voyage était « rendu » par une dernière prière chez le client malade et un repas était pris avec la famille. Certains malades étaient atteint de quinze saints et vu les déplacements à faire ces guérisons pouvaient prendre du temps. Certaines personnes avaient d’ailleurs un don de double vue pour dépister les maladies.

 

* Les Troménies ou pèlerinages:

Le village de Locronan, Ronan  qui né en Irlande au VIIe siècle traversa la Manche  après une vision, pour arriver en Cornouaille (le sud du Finistère), enseigner la religion chrétienne et fonder un prieuré bénédictin. Il y a 2500 ans, Locronan était un site religieux celte unique en Europe. Les repères astronomiques celtes ont donné naissance au nemeton, un quadrilatère de douze kilomètres comportant les douze marques de l’année lunaire.  Le site fut christianisé mais garda intact le tracé exact du quadrilatère sacré. Comme le breton le dit très bien : du breton tro-minic’hi, le tour de l’enceinte sacrée. La plus ancienne remonte au XIIIe siècle.

Le jour de la procession, les habitants se parent de leurs plus beaux costumes traditionnels, qui ici ne sont en aucun cas symboles de folklore. Bien au contraire, ces costumes prennent une toute autre dimension, à savoir le rattachement aux ancêtres. On dit que si on ne fait pas la procession durant sa vie, il faudra la faire après la mort, mais on ne pourra avancer que de la longueur de son cercueil tous les ans.

La Grande Troménie serait le parcours que St Ronan effectuait chaque semaine, pieds nus et à jeun et la Petite Troménie, le circuit qu’il faisait tous les jours. Le parcours de la Troménie est jalonné de 12 stations, indiquées par 12 croix de granit et de 44 petits huttes, dans lesquelles reposent des vieux saints bretons. Ils ont quitté leur église ou leur chapelle pour venir saluer les reliques de St Ronan.

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Il faut savoir qu’on ne peut faire le parcours complet qu’en période de Grande Troménie, car celui-ci emprunte des chemins privés. Les jours qui précèdent, on abat des talus, on met des ponts de fortune sur les ruisseaux, on fait tomber ce qui peut obstruer, par endroits, le sentier traditionnel.

Rien, ni personne n’empêchera le pèlerin de faire le parcours.

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      Plus encore que la mitre, la crosse est l’insigne de la dignité épiscopale. A l’instar de celle qui ressuscita Materne et devint ensuite son bâton pastoral, la mode en est venue de Rome. Les théologiens ne mettent pas en doute qu’elle dérive du lituus recourbé des augures. Ces membres éminents de la classe sacerdotale se reconnaissaient à leur robe pourpre, elle aussi pareille aux vêtements des évêques. Ils usaient du lituus pour interpréter  les auspices, mais encore pour présider aux cérémonies du culte, ce qui nous est resté dans le mot « liturgie ». Quant à l’origine de ce bâton augural, elle était selon Cicéron au premier livre du « De Divinatione » à faire remonter à Romulus qui s’en était servi pour procéder à la fondation de la ville. Depuis c’était à l’augure qu’incombait la charge de fonder le temple autour duquel s’élèverai la cité. Après s’être choisi dans le ciel un archétype parmi les constellations, il dressait avec soin l’horoscope du lieu, déterminait d’après les astres l’emplacement du « mundus », point central et cœur de la future agglomération. Et à cet endroit, il plantait son lituus, que le tronc écorcé d’un jeune arbre allait bientôt remplacer.

Cette crosse, reprise par les druides et, plus tard, par les missionnaires irlandais, servait à déterminer les sources et les failles télluriques. Certaines sources christianisées sont toujours sous leur appelation chrétienne ; Saint-Léger, Saint Yorre, Saint-Alban, Saint Célèstin, Sint Cyriakus-quelle, San Pelegrino. Les anciens connaissaient trois sortes d’eau : les eaux de boissons, les eaux guérisseusses et les eaux sacrés.  On songe à la légende de tel ou tel saint dont le bâton fiché en terre prend soudain racine et se couvre de feuilles.

Ce mât du milieu du monde était en fait un gnomon dont l’ombre mesurée aux deux solstices, hiver et été, et la hauteur rapportée à celle du soleil sur l’horizon, devaient permettre selon une formule qui était le secret des prêtres – et plus tard des maçons – d’établir ce que nous appelons la latitude d’un lieu. Ce calcul à présent familier aux astronomes, allait en outre fournir l’étalon qu’on emploierait pour dessiner les plans du temple et fixer les mesures officielles, toise, pied et pouce, de la ville neuve.

Etroitement mariées au lieu et à son occupant, à la terre et aux astres, les mesures anciennes possédaient une évidente valeur cosmique, un caractère sacré indéniable. Elles avaient cependant un inconvénient, car chaque cité disposait ainsi de ces propres étalons, de longueur, de capacité et de poids, différences qui n’étaient pas sans poser des problèmes aux marchands ambulants. Le pied Normand 29,80cm,le pied à Strasbourg, 28,92 cm, le pied à Besançon à 30,87 cm, le pied  à Macôn à 33,50 cm et 35,70 à Bordeaux. Ces mêmes mesures, si elles avaient été correctement calculées en fonction de la latitude, devaient rapetisser plus on montait vers le NORD.

Le pied de saint Lambert dont on usait à Liège était par conséquent plus court que celui du Laonnois, ce qui nous vaut une curieuse expression dont le sens s’est perdu. Charlemagne ayant en effet décidé d’unifier les poids et mesures sur l’étendue de son empire, imposa ceux de Laon, sa cité natale qui était le fief de la comtesse Berthe sa mère, où le pied était plus long. De là cette « Berthe au grand pied ».

 Certains prélats nous amènent plus loin dans notre recherche ; la crosse de l’évêque de l’abbaye de Murbach (Alsace) était calibrée sur les données de la région, le nombre d’or. Voilà donc une crosse avec des propriétés vibratoires particulières pour la région et qui devait permettre a l’évêque de trouver plus facilement les sources et autres ondes télluriques.

Dieu à tout ordonné par mesures, nombres et poids.

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