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Archive for juillet 2012

Par tous les Saints

A travers toute l’Europe du Moyen-Age, il y avait des endroits réputés par leur sainteté et les miracles qui s’y étaient accomplis.

 

Ces lieux accordaient un pouvoir particulier de guérison et de protection a à certains saints. La possession des saintes reliques était évidemment ambitionnée par moultes églises, abbayes et autres cathédrales.

Le culte de ces reliques était à certaines époques de l’année, surtout le jour de la fête du saint, l’occasion de voyages, de processions (Troménie en Bretagne *) des habitants de la contrée voisine et même de régions fortement éloignées.

On faisait même, au besoin, accomplir ces voyages par des personnes qui s’en étaient fait une profession et qui se chargeaient,  moyennant quelque aumône, de faire le voyage, de dire les neuvaines et observer le vœu.

Il existait aussi des gens, généralement, des femmes connaissant le culte des saints au point d’en faire profession. On pouvait les trouver dans presque chaque village.

Dès qu’on souffrait de quelque mal, consultation était prise et le ou la spécialiste diagnostiquait le mal « du saint » ou « des saints », indiquait ce qu’il convenait de faire et le faisait moyennant rétribution. Ayant une plus grande expérience avec le monde des saints guérisseurs, connaissant mieux les rites, cette personne devait logiquement obtenir de meilleurs résultats, aussi était-elle généralement déléguée auprès de ceux-ci. Les voyageurs et surtout les voyageuses de cette sorte étaient encore très nombreux au XIXe siècle et certains d’entre eux se trouvaient toujours en courses d’un sanctuaire à l’autre. 

Ajoutons les pèlerins de Rome, Jérusalem ou saint Jacques de Compostelle celà faisait beaucoup de monde sur les routes et dans les églises.

Ils accomplissaient d’ailleurs leur tâche avec le plus grand sérieux, ne doutant ni de leur diagnostic, ni du saint, ni de l’efficacité de l’opération si tout était mené avec confiance et dans les règles. Le « voyage » se faisait à pied, tôt le matin, sans parler à personne, sans boire ni manger, et s’accompagnait de prières à l’aller et au retour. Devant la statue du saint, les rites consacrés étaient accomplis et quand il le fallait on ramenait de l’eau des sources guérisseuses.

Ensuite le voyage était « rendu » par une dernière prière chez le client malade et un repas était pris avec la famille. Certains malades étaient atteint de quinze saints et vu les déplacements à faire ces guérisons pouvaient prendre du temps. Certaines personnes avaient d’ailleurs un don de double vue pour dépister les maladies.

 

* Les Troménies ou pèlerinages:

Le village de Locronan, Ronan  qui né en Irlande au VIIe siècle traversa la Manche  après une vision, pour arriver en Cornouaille (le sud du Finistère), enseigner la religion chrétienne et fonder un prieuré bénédictin. Il y a 2500 ans, Locronan était un site religieux celte unique en Europe. Les repères astronomiques celtes ont donné naissance au nemeton, un quadrilatère de douze kilomètres comportant les douze marques de l’année lunaire.  Le site fut christianisé mais garda intact le tracé exact du quadrilatère sacré. Comme le breton le dit très bien : du breton tro-minic’hi, le tour de l’enceinte sacrée. La plus ancienne remonte au XIIIe siècle.

Le jour de la procession, les habitants se parent de leurs plus beaux costumes traditionnels, qui ici ne sont en aucun cas symboles de folklore. Bien au contraire, ces costumes prennent une toute autre dimension, à savoir le rattachement aux ancêtres. On dit que si on ne fait pas la procession durant sa vie, il faudra la faire après la mort, mais on ne pourra avancer que de la longueur de son cercueil tous les ans.

La Grande Troménie serait le parcours que St Ronan effectuait chaque semaine, pieds nus et à jeun et la Petite Troménie, le circuit qu’il faisait tous les jours. Le parcours de la Troménie est jalonné de 12 stations, indiquées par 12 croix de granit et de 44 petits huttes, dans lesquelles reposent des vieux saints bretons. Ils ont quitté leur église ou leur chapelle pour venir saluer les reliques de St Ronan.

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Il faut savoir qu’on ne peut faire le parcours complet qu’en période de Grande Troménie, car celui-ci emprunte des chemins privés. Les jours qui précèdent, on abat des talus, on met des ponts de fortune sur les ruisseaux, on fait tomber ce qui peut obstruer, par endroits, le sentier traditionnel.

Rien, ni personne n’empêchera le pèlerin de faire le parcours.

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      Plus encore que la mitre, la crosse est l’insigne de la dignité épiscopale. A l’instar de celle qui ressuscita Materne et devint ensuite son bâton pastoral, la mode en est venue de Rome. Les théologiens ne mettent pas en doute qu’elle dérive du lituus recourbé des augures. Ces membres éminents de la classe sacerdotale se reconnaissaient à leur robe pourpre, elle aussi pareille aux vêtements des évêques. Ils usaient du lituus pour interpréter  les auspices, mais encore pour présider aux cérémonies du culte, ce qui nous est resté dans le mot « liturgie ». Quant à l’origine de ce bâton augural, elle était selon Cicéron au premier livre du « De Divinatione » à faire remonter à Romulus qui s’en était servi pour procéder à la fondation de la ville. Depuis c’était à l’augure qu’incombait la charge de fonder le temple autour duquel s’élèverai la cité. Après s’être choisi dans le ciel un archétype parmi les constellations, il dressait avec soin l’horoscope du lieu, déterminait d’après les astres l’emplacement du « mundus », point central et cœur de la future agglomération. Et à cet endroit, il plantait son lituus, que le tronc écorcé d’un jeune arbre allait bientôt remplacer.

Cette crosse, reprise par les druides et, plus tard, par les missionnaires irlandais, servait à déterminer les sources et les failles télluriques. Certaines sources christianisées sont toujours sous leur appelation chrétienne ; Saint-Léger, Saint Yorre, Saint-Alban, Saint Célèstin, Sint Cyriakus-quelle, San Pelegrino. Les anciens connaissaient trois sortes d’eau : les eaux de boissons, les eaux guérisseusses et les eaux sacrés.  On songe à la légende de tel ou tel saint dont le bâton fiché en terre prend soudain racine et se couvre de feuilles.

Ce mât du milieu du monde était en fait un gnomon dont l’ombre mesurée aux deux solstices, hiver et été, et la hauteur rapportée à celle du soleil sur l’horizon, devaient permettre selon une formule qui était le secret des prêtres – et plus tard des maçons – d’établir ce que nous appelons la latitude d’un lieu. Ce calcul à présent familier aux astronomes, allait en outre fournir l’étalon qu’on emploierait pour dessiner les plans du temple et fixer les mesures officielles, toise, pied et pouce, de la ville neuve.

Etroitement mariées au lieu et à son occupant, à la terre et aux astres, les mesures anciennes possédaient une évidente valeur cosmique, un caractère sacré indéniable. Elles avaient cependant un inconvénient, car chaque cité disposait ainsi de ces propres étalons, de longueur, de capacité et de poids, différences qui n’étaient pas sans poser des problèmes aux marchands ambulants. Le pied Normand 29,80cm,le pied à Strasbourg, 28,92 cm, le pied à Besançon à 30,87 cm, le pied  à Macôn à 33,50 cm et 35,70 à Bordeaux. Ces mêmes mesures, si elles avaient été correctement calculées en fonction de la latitude, devaient rapetisser plus on montait vers le NORD.

Le pied de saint Lambert dont on usait à Liège était par conséquent plus court que celui du Laonnois, ce qui nous vaut une curieuse expression dont le sens s’est perdu. Charlemagne ayant en effet décidé d’unifier les poids et mesures sur l’étendue de son empire, imposa ceux de Laon, sa cité natale qui était le fief de la comtesse Berthe sa mère, où le pied était plus long. De là cette « Berthe au grand pied ».

 Certains prélats nous amènent plus loin dans notre recherche ; la crosse de l’évêque de l’abbaye de Murbach (Alsace) était calibrée sur les données de la région, le nombre d’or. Voilà donc une crosse avec des propriétés vibratoires particulières pour la région et qui devait permettre a l’évêque de trouver plus facilement les sources et autres ondes télluriques.

Dieu à tout ordonné par mesures, nombres et poids.

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